Taux zéro, le piège | Conversation avec Jacques Attali – Lexpress

Réponse de Attila  – 28 avril 2015 9 h 55 min

@a1mot : « … il faut plus de compréhension du monde et de soi (et plus de sommeil) »: le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver. Et pour le sénior que je suis depuis belles lurettes, après les 2h passées, mon premier souci est de re-trouver mon sommeil jusqu’au matin proche et non de convertir mon épargne, péniblement constituée, en investissement dans un monde qui va droit à sa perte. L’investissement à taux zéro c’est la perte de confiance dans le monde réel et le sens de la valeur du temps … logarithmique, càd la marche vers l’indéfinissable, les infinis, les singularités.

@Attila
Vous avez raison.
A mon humble avis, les singularités, voilà quelque chose qui pourrait nous sortir de la marche entre les mâchoires du zéro et de l’infini…(zéro liberté et infini de conglomérats)
Etaux = 0
Perso, j’aime bien les singularités, il y aurait de quoi faire de l’art avec sous conditions.
Sympa votre blog
https://in4ex.wordpress.com/
, mais comment avez-vous osé:-)

.
« Belle époque » tout de même que celle où on tient collectivement à payer un loyer de l’argent alors que beaucoup se demandent comment payer leur loyer. Belle architecture économique: il faudra féliciter ses concepteurs!

Attila  – 28 avril 2015 14 h 10 min

« La vraie révolution des microcrédits. » par Jean-Michel Servet, éd. Odile Jacob, où il est question de taux d’emprunt à plus de 100%, (pour le crédit à la consommation ou à l’investissement?, microcrédits ou maxidettes?), écoutez:

http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere?id=2011650&e=

ou le site de l’émission: http://www.rtbf.be/lapremiere/grille-programme/detail_questions-cles?emissionId=4647341b590b382d5df3479da3dcfe29

sur les taux du microcrédit: http://www.babyloan.org/fr/les-taux-d-interets-des-micro-entrepreneurs

ou bien:

http://www.cgap.org/sites/default/files/CGAP-Occasional-Paper-The-New-Moneylenders-Are-the-Poor-Being-Exploited-by-High-Microcredit-Interest-Rates-Feb-2009-French.pdf

Réponse de  – 28 avril 2015 15 h 48 min

@Attila :
Bonjour attila,
Personnellement, je ne crois pas au crédit (bien qu’étant du milieu économique), qu’il soit micro et connoté vertueux, mégalo – ambitieux, ou instrument de nantissement pour nantis, je crois surtout qu’il est une trappe à dette. Sa seule justification valable est dans l’essaimage (une fois fiabilisé un noyau dur rentable, afin de permettre de reproduire ailleurs une expérience valable, ce qui donne un développement en fractale). Mais ailleurs et surtout dans la mise en œuvre des initiatives, il n’a pas sa place. Je m’explique, nous vivons une époque trouble qui malgré le discours ambiant, refuse la notion de challenge ( avec sa notion corrélée de prise de risque et de potentiel pari perdu) et l’on se sert du crédit comme pompe d’amorçage tout en refusant la gratuité de la première eau, nécessaire à créer l’aspiration suffisante pour engendrer les processus de rentabilisations des initiatives. La meilleure preuve de ce double renoncement (challenge et gratuité) que cache la place prise par le crédit (et donc la dette), c’est que l’on accepte aisément d’acheter des actions, même si en période de liquidité abondante cela revient à se disputer des actifs trop rares et donc à les surenchérir artificiellement jusqu’à en faire de mauvaises affaires, alors qu’on répugne absolument à participer à des augmentations de capital ! Pourtant, c’est par des augmentations de capital que les actionnaires de APPLE sont devenus millionnaires à la fin ( le PDG fondateur ayant toujours jusqu’à sa mort refusé de payer même des dividendes ) en misant façon challenge sur la plus value réelle (pas spéculative). Et l’on voit poindre là, la ringardise actuelle qui refusant le challenge, refuse la moindre gratuité, ce qui au final amène à refuser de se lier dans une aventure commune sur un projet. Le crédit devient donc ce qui transforme inexorablement l’investisseur en vulgaire spéculateur ; et c’est ce qui provoque l’inefficience des réalisations par rapport aux projets dont elles sont issues , l’intérêt pour la marge devançant l’intérêt pour l’efficience et la plus value plus lointaine, devançant de fait l’intérêt pour le développement et l’aventure humaine. Le crédit facile tue le challenge. Je comprends, il me semble ce dont Macron a parlé dans sa vision du capitalisme où il pointe la nécessité des votes doubles pour les actionnaires de longs termes. Mais là où c’est désespérant, c’est que le long terme c’est 2 ans et qu’on ne fait rien pour promouvoir la participation à des augmentations de capital, obligeant l’entreprise à avoir recours au crédit pour faire de la recherche ou de la modernisation. C’est un peu comme si on donne à boire à un assoiffé tout en lui exigeant de vomir régulièrement une partie de l’eau qu’il a ingurgitée avant qu’il n’ait pu la métaboliser ; et pire, pour se rémunérer, on exige qu’il en rende plus qu’il n’en a pris, résultat on l’épuise et le tue avant qu’il n’ait pu fournir le travail suffisant pour construire un puits. Revenons au challenge et réapprenons à relever des défis en acceptant avec panache le risque de perdre. Je me demande, s’il n’y avait pas de déstabilisation politique au moyen orient avec des gouvernements théocratiques vieillots, est-ce que la finance islamique dans son refus de l’usure, ne permettrait-elle pas un développement plus fort qu’en occident ?
NB : votre lien ne semble pas fonctionner

Attila  – 3 mai 2015 15 h 37 min

Peut-être le piège se trouve dans le fait que nous sommes dans une économie à rendement décroissant (écouter Jean-Marc Daniel vers la 24ème minute):http://www.dailymotion.com/video/x2b9qbd_internet-va-t-il-tuer-le-capitalisme-keynote-jacques-attali_tech?start=1584

Réponse de  – 3 mai 2015 17 h 26 min

Economie à rendement décroissant d’une part, excès de liquidités de l’autre; il faut donc que les liquidités « tournent » de plus en plus vite; d’où les crises de l’énergie et de l’écologie. On est passé de l’époque des crises agricoles à l’époque des crises financières (en réalité crises de l’ère industrielle), et des crises financières à la crise de l’énergie; et la crise de l’énergie nous conduit à la crise de l’écologie, qui à son tour nous ramène à une crise agricole. La boucle est bouclée. @Attila :

Très intéressante vidéo Attila, cela m’a bien plu; merci; perso je pense qu’une des façons de sortir de l’ornière est d’augmenter la qualité ; Car à mon sens la qualité sera le véritable enjeu de notre époque. Mais pour des produits de qualité qui coûtent plus chers, il faut des salaires plus élevés ; dans le même temps, la qualité remet en selle tous les métiers de la revalorisation (réparation) qui redeviennent rentables tant pour celui qui en vit que pour le consommateur, qui ayant une vraie valeur en main , a tout intérêt à l’entretenir, ou bien, dès lors que la qualité est un gage de pérennité, il peut s’il a de moindres moyens avoir confiance dans l’occasion. Ainsi se crée une société qui efface les différences d’équipements par la création d’un double marché du neuf et de l’occasion dont les avantages respectifs s’équilibrent parfaitement. Aujourd’hui le marché de l’occasion est un marché de dupe où l’impécunieux s’y appauvrit plus considérablement que le nanti qui lui accède régulièrement aux nouveautés pour se prémunir d’une obsolescence programmée qui s’accélère. Le plaisir de consommer et la confiance dans le produit ont quitté le mode de consommation, pour un mode de consommation assurantiel, où l’on consomme avant tout pour se prémunir d’une panne ruineuse qui nous laisserait dans le besoin. Le monde devient un tas d’ordures et il faut toujours plus de matière première, qu’on a de plus en plus de mal à extraire pour produire toujours plus (malgré une baisse de la conso), car il faut toujours moins cher ( et toujours plus mal) dans un cycle économique où les concurrences déloyales (dumping) et le capitalisme financiarisé déstabilisent les revenus du travail. Et l’intelligence des produits en pâtit. Aujourd’hui, l’allocation des liquidités ne va pas aux salaires , (ni d’ailleurs au projet) mais à la rente et il faut changer cela. Mais nous n’avons pas les hommes qu’il faut pour cela : à voir cet article sur l’Élysée et le renoncement à la modernité qui s’y affiche de façon ostentatoire (pas un ordinateur, une table improbable où personne ne peut se parler recouverte d’une nappe en cuir de 10 KG, des services ridicules…etc..); l’homme normal, n’a apparemment pas mis en place un service de l’état normal et moderne. On semble y cultiver l’inefficience pompeuse.
http://www.lexpress.fr/actualite/medias/zone-interdite-a-l-elysee-en-5-phrases-fortes_1675179.html

viaTaux zéro, le piège | Conversation avec Jacques Attali – Lexpress.

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